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Préface

Dernière mise à jour : 27 juil.


J'ai pris l'habitude de raconter, au travers de petits textes, des événements de ma vie comme points d'appui à une réflexion plus grande. Une réflexion qui dépasse souvent ma propre histoire, afin que chacun puisse, peut-être, y trouver une part de lui-même. Comme une vérité que nous portons déjà en nous, bien avant de parvenir à la démontrer.

Aujourd'hui, l'exercice est différent.

Il est plus intime.

J'écris non plus pour réfléchir, mais pour témoigner.

Témoigner de ce que toutes ces années de travail sur moi, de reconnexion à moi-même, ont permis dans le concret, dans la vraie vie. J'écris aujourd'hui parce que les injonctions se sont éteintes. Parce que les besoins de convaincre ont disparu. Les mots qui suivent sonnent enfin justes, non parce qu'ils sont parfaits, mais parce qu'ils ne sont plus teintés de doute ni d'incertitude.

J'écris aussi cette histoire parce que le silence a longtemps été mon refuge. Il était le prix à payer pour mener les combats qui comptaient vraiment. À ce silence se sont accrochées des certitudes, des vérités, des souffrances aussi, qu'il me paraît aujourd'hui essentiel de libérer avant de quitter la pièce. Avant de dire adieu à ce temps de ma vie. Avant de dire adieu aux personnes qui l'ont traversée à mes côtés pendant seize années.

Gardez-moi de me présenter comme le héros d'une histoire dont je serais le narrateur.

Mais gardez-moi aussi de minimiser ce spectaculaire concours d'alignement, d'amour, de souffrance et de résilience que la vie m'a demandé de traverser.

Ce week-end a été marqué par un étrange concours de circonstances : trois rendez-vous en trois jours.

Je m'amuse à le raconter ainsi, car il n'y avait, de ma part, aucune volonté d'enchaîner les rencontres pour multiplier les chances de vivre une histoire d'amour. Simplement trois personnes, trois histoires, trois chemins de vie qui, par le plus grand des hasards, se sont croisés dans le même espace-temps.

Y avait-il quelque chose à comprendre ?

Certainement.

Et peut-être est-ce précisément la raison de ces mots couchés aujourd'hui sur le papier.

Des mots qui ne parlent pas d'hier.

Des mots qui traversent une grande partie de ma vie.

Seize années.

Seize années dont l'épilogue est, finalement, à la hauteur du chemin parcouru.

Revenons un instant à ces rencontres.

Trois belles personnes qui arrivent après une année entière consacrée à reconstruire ma vie. Une année de solitude, de reconstruction, de redémarrage social. Une année qui marque une nouvelle étape de mon existence et, surtout, la fin d'un cycle.

Je ne détaillerai pas ces rencontres.

Ce qui m'a profondément surpris, en revanche, c'est qu'au fil de ces longues heures d'échanges, cette période de ma vie ne sortait que par fragments. Quelques mots. Quelques silences. Comme si une forme de honte m'empêchait encore de raconter pleinement ce que j'avais vécu.

Une honte étrange.

Non pas celle d'avoir souffert.

Mais celle de raconter une histoire qui me semblait presque invraisemblable tant elle est profondément humaine. Une histoire faite d'amour, de foi, de renoncements, de violence, de résilience et de choix impossibles.

Comme si ce récit me plaçait en dehors du commun.

Aujourd'hui, j'accepte que ce ne soit peut-être pas le cas.

Mais j'accepte surtout une chose plus importante encore.

C'est mon histoire.

Et il est temps, enfin, de la raconter.


 

 

 

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