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Le premier pas vers l'unité

Dernière mise à jour : 19 juil.

Imaginez un instant.

Une immense planche de bois est suspendue dans le vide.

Au centre, un simple pivot lui permet de basculer dans un sens ou dans l'autre.

Autour...

Des gradins.

Ils sont remplis de visages.

Vos parents.

Vos grands-parents.

Vos ancêtres.

Vos amis.

Vos professeurs.

La société.

Tous observent la scène.

À une extrémité de la planche se tient un homme.

À l'autre...

Une femme.

Ils ne se connaissent pas.

Ils n'ont pas le même âge.

Pas la même taille.

Pas le même poids.

Pas les mêmes forces.

Pas les mêmes peurs.

Pas la même histoire.

Une seule chose est certaine.

S'ils restent là où ils sont...

Le moindre mouvement peut faire basculer la planche.

Et la chute est sans retour.

Alors, naturellement...

Chacun cherche à survivre.

Ils se figent.

Ils se méfient.

Ils observent le moindre geste de l'autre.

Très vite, chacun comprend une chose.

L'autre détient, sans même le vouloir, le pouvoir de le faire tomber.

Alors naît le contrôle.

L'un tente d'imposer son rythme.

L'autre résiste.

Puis les rôles s'inversent.

Chacun est convaincu que sa façon d'avancer est la bonne.

Les voix des gradins s'élèvent.

« Avance ! »
« Recule ! »
« Fais attention ! »
« Ne lui fais pas confiance ! »
« Tu vois bien qu'il va te faire tomber ! »

Les conseils fusent.

Les peurs aussi.

Alors ils les écoutent.

Parce que ces voix semblent rassurantes.

Elles ne vivent pas la scène.

Mais elles ont toutes un avis.

Et pourtant...

Plus ils cherchent à contrôler l'autre...

Plus la planche devient instable.

Plus ils écoutent les gradins...

Plus ils s'éloignent l'un de l'autre.

Puis...

Quelque chose change.

Peut-être un regard.

Peut-être l'épuisement.

Peut-être simplement la conscience qu'aucun des deux ne pourra traverser seul.

Pour la première fois...

Ils cessent de vouloir convaincre.

Ils commencent à observer.

Ils découvrent que chaque mouvement de l'un appelle naturellement une réponse de l'autre.

Ils apprennent à écouter avant d'agir.

À ralentir.

À sentir.

À faire un pas.

Puis attendre.

Puis un autre.

Parfois...

C'est l'homme qui avance.

Parfois...

C'est la femme.

Il n'y a plus de vainqueur.

Plus de perdant.

Seulement deux êtres qui apprennent à collaborer.

Orteil après orteil.

Pied après pied.

Ils se rapprochent du centre.

Là où les mouvements deviennent plus doux.

Là où la planche cesse peu à peu de basculer.

Là où la peur laisse progressivement sa place à la confiance.

Ils découvrent alors une chose étrange.

Ils n'avaient jamais eu besoin de lutter l'un contre l'autre.
Ils avaient simplement besoin d'apprendre à marcher ensemble.

Cette histoire pourrait parler...

...d'un homme et d'une femme.

D'un couple.

De parents et de leurs enfants.

De collègues.

De deux amis.

Mais pour moi...

Elle parle surtout de notre monde intérieur.

De ces différentes parts de nous qui tentent, chacune à leur manière, de nous protéger.

De ces polarités qui cherchent souvent à prendre le contrôle...

...alors qu'elles auraient simplement besoin de s'écouter.

C'est de cette histoire qu'est née Reconnexion.

Non comme une méthode.

Ni comme une philosophie.

Mais comme une autre manière d'observer le vivant.

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