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Les lunettes que nous ne voyons pas


Comment savoir que nous portons des lunettes… si nous les avons toujours eues sur le nez ?

Je suis fasciné de voir comment, en étant un garçon très cartésien, la force de la vie m’a conduit, sans détour, à pratiquer des soins énergétiques. C’est probablement l’une des dimensions les plus ésotériques de mon parcours.

Depuis quelque temps, je me demande comment embarquer les gens dans cette histoire. Comment la rendre suffisamment crédible pour qu’une personne comme moi, il y a quinze ans, puisse simplement se dire :

« D’accord… cela se tient. Cela fait sens. »

Gardez-moi de vouloir démontrer une quelconque vérité scientifique. Il s’agit simplement des mots que j’aurais aimé entendre lorsque j’étais au début de ma randonnée.

La vie comme une randonnée

J’imagine souvent la vie comme une randonnée.

Des marcheurs se croisent. Certains viennent de l’endroit où tu te rends. D’autres marchent vers celui que tu viens de quitter.

Alors naît un échange tout à fait naturel.

On parle des points d’eau, des refuges, des paysages magnifiques, des passages difficiles ou des dangers à éviter. Chacun transmet spontanément ce qui pourrait être utile à l’autre.

Mais au fond…

Pourquoi avons-nous autant besoin de savoir ce qui nous attend ?

Est-ce que cela change réellement le chemin ?

Ou est-ce que cela change seulement la façon dont nous allons le vivre ?

Au-delà des informations pratiques, que nous apportent réellement ces échanges ?

Je crois qu’ils nous offrent quelque chose de bien plus précieux :

Ils confrontent deux réalités.

Les lunettes rouges

J’aimerais maintenant parler à l’enfant qui est en toi.

Imagine que je te donne une paire de lunettes rouges.

Tu regardes un arbre. Il paraît un peu rouge.

Tu regardes une maison. Elle aussi semble rouge.

Même la neige ne paraît plus tout à fait blanche.

Dis-moi…

Est-ce que le monde est devenu rouge ?

Ou bien est-ce que ce sont simplement tes lunettes qui colorent ce que tu regardes ?

Maintenant, imagine que tu gardes ces lunettes une journée.

Puis une semaine.

Puis un mois.

Puis toute une vie.

À force, tu finirais probablement par oublier que tu les portes.

Pour toi, le monde serait rouge.

Tout simplement.

Comment savoir que je porte des lunettes si je les ai toujours eues sur le nez ?

Je crois que la réponse se trouve dans l’expérience… et dans la rencontre.

Lorsque deux réalités se rencontrent

Nous sommes des êtres profondément sociaux.

Bien sûr, nous échangeons des informations utiles : où trouver de l’eau, quel chemin emprunter, quels passages éviter.

Mais ce n’est peut-être pas la chose la plus précieuse que nous nous transmettons.

En partageant nos expériences, nous confrontons surtout deux réalités.

Deux façons de voir le même monde.

Et parfois, l’autre nous raconte un paysage qui ne ressemble pas du tout à celui que nous pensions être la vérité.

Ce n’est pas qu’il a raison et que nous avons tort.

C’est simplement qu’il regarde peut-être avec des lunettes d’une autre couleur.

Alors, pour la première fois, une idée apparaît :

Et si moi aussi, je portais des lunettes depuis toujours ?

Un petit jeu

Regarde autour de toi et cherche tout ce qui est bleu.

Prends ton temps.

Tu en vois de plus en plus, n’est-ce pas ?

Maintenant, ferme les yeux.

Sans regarder autour de toi, peux-tu me dire combien il y avait d’objets jaunes ?

Souvent, nous en sommes incapables.

Pourtant, ils étaient là depuis le début.

Notre cerveau avait simplement reçu une mission : chercher le bleu.

Je crois que notre monde intérieur agit exactement de cette manière.

Il sélectionne, parmi des milliers d’informations, celles qui viennent confirmer ce que nous croyons déjà.

Lorsque je suis persuadé que personne ne m’aime, je remarque facilement les silences, les absences ou les regards qui se détournent.

Lorsque je me sens aimé, ce sont les sourires, les gestes d’attention et les mains tendues qui apparaissent presque naturellement.

Lorsque je suis en colère, le monde semble me donner mille raisons de rester en colère.

Lorsque j’ai peur, les dangers surgissent partout.

Le monde extérieur est pourtant souvent le même.C’est celui qui le regarde qui a changé.

Celui qui regarde

Notre monde intérieur agit comme une paire de lunettes invisible.

Il ne se contente pas d’observer la réalité.

Il l’interprète.

Il sélectionne certaines informations, en oublie d’autres et construit une histoire cohérente avec ce que nous ressentons déjà.

Comme s’il cherchait sans cesse à nous prouver qu’il a raison.

Pendant longtemps, j’ai cru que comprendre le monde consistait à mieux observer ce qui se trouvait autour de moi.

Aujourd’hui, je me demande si le véritable voyage ne consiste pas d’abord à observer celui qui regarde.

Car si mes lunettes changent, alors le paysage change avec elles.

C’est peut-être ici que commence Reconnexion

Non pas en cherchant à changer le monde.

Ni même en essayant de convaincre quelqu’un qu’il se trompe.

Mais en prenant conscience des lunettes que nous portons depuis si longtemps que nous avons fini par les confondre avec la réalité.

Nos blessures, nos croyances, notre histoire, nos joies, nos peurs…

Toutes ont, un jour ou l’autre, teinté le verre à travers lequel nous regardons la vie.

Reconnexion n’a pas pour vocation de vous dire de quelle couleur devraient être vos lunettes.

Elle vous invite simplement à les identifier.

À vous autoriser à les retirer, ne serait-ce qu’un bref instant.

Juste assez longtemps pour découvrir qu’il existe peut-être une autre façon de regarder le monde.

Peut-être choisirez-vous finalement de remettre exactement les mêmes lunettes.

Peut-être en choisirez-vous d’autres.

Ou peut-être découvrirez-vous que certaines ne vous sont plus utiles.

Peu importe.

L’essentiel n’est pas de changer de regard.L’essentiel est de retrouver la liberté de choisir.

Car tant que nous ignorons que nous portons des lunettes, nous croyons que le monde est rouge.

Le jour où nous prenons conscience qu’elles sont sur notre nez, une possibilité nouvelle apparaît.

Non pas l’obligation de les retirer.

Mais la liberté de le faire.

Et avec elle, cette pensée profondément libératrice :

Peut-être que tout n’est pas rouge.

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