Pourquoi j'ai remis en question le transgénérationnel
Lorsque cette transformation intérieure a commencé, j'étais déjà thérapeute.
Depuis plusieurs années, j'accompagnais des personnes grâce au transgénérationnel. Je m'étais formé à deux reprises à cette approche et j'y croyais profondément.
J'y croyais parce qu'elle avait changé beaucoup de choses dans ma propre vie.
Contrairement à d'autres approches, elle responsabilisait la personne. Elle nous invitait à comprendre nos fonctionnements pour reprendre notre pouvoir d'action.
Pendant longtemps, cela m'a semblé juste.
Pourtant, au fil des accompagnements, une question est devenue impossible à ignorer.
Je voyais mes clients prendre conscience de leurs schémas.
Je voyais leurs émotions se libérer.
Je voyais leurs compréhensions évoluer.
Mais, quelques semaines ou quelques mois plus tard, les mêmes situations revenaient.
Sous une autre forme.
Avec d'autres personnes.
Dans un autre contexte.
Comme si une roue invisible continuait de tourner.
Au début, j'ai douté de moi.
Je me suis demandé si je n'étais tout simplement pas un bon thérapeute.
Si je n'étais pas à la hauteur de ceux qui m'avaient formé.
Ces pensées étaient d'autant plus troublantes que, dans le même temps, je percevais avec une grande clarté les mécanismes qui animaient les personnes que j'accompagnais.
Les problématiques identifiées étaient justes.
Les prises de conscience étaient réelles.
Alors pourquoi quelque chose restait-il inachevé ?
Petit à petit, j'ai compris que le problème ne venait pas du transgénérationnel lui-même.
Le problème venait de ma manière de le regarder.
Je m'étais enfermé dans un cadre reconnu, validé, rassurant.
Un cadre qui expliquait beaucoup de choses...
...mais qui ne répondait plus entièrement aux questions que je me posais.
Je ressentais une forme d'incomplétude.
Comme si une partie essentielle de l'histoire échappait encore à mon regard.
Je ne pouvais plus continuer à accompagner les autres avec cette sensation.
Alors j'ai commencé à remettre en question ce que je pensais acquis.
J'ai progressivement abandonné certains actes symboliques qui, jusque-là, faisaient partie de ma pratique.
J'ai supprimé la célèbre « feuille jaune », ce document rempli avant chaque séance pour reconstruire l'arbre familial jusqu'aux grands-parents.
Non pas parce qu'elle était inutile.
Mais parce que je sentais qu'elle ne contenait pas toute l'histoire.
Une autre question commençait à s'imposer à moi.
Une question beaucoup plus profonde.
Pourquoi l'humanité a-t-elle choisi de transmettre certains fonctionnements de génération en génération ?
Pourquoi ces mécanismes de survie sont-ils devenus si essentiels qu'ils semblent traverser le temps ?
Je ne cherchais plus seulement à comprendre ce qui se transmettait.
Je voulais comprendre pourquoi.
Sans le savoir, cette simple question allait transformer toute ma manière d'observer l'être humain.
Je ne regardais plus uniquement les blessures.
Je commençais à chercher la vérité cachée derrière chacune d'elles.
Et c'est à ce moment-là que quelque chose de totalement nouveau a commencé à émerger...




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